Lettre de Benjamin Franklin à Webb

Comment faire beaucoup avec peu…

J’ai reçu votre lettre du 15 courant, et le mémoire
qui y était joint.

Le tableau que vous me faites de votre situation
m’afflige. Je vous envoie ci-inclus un billet de 10 louis.

Je ne prétends pas vous donner cette somme; je ne fais
que vous la prêter. Lorsque vous serez de retour dans
votre patrie avec une bonne réputation, vous ne pourrez
manquer de prendre un intérêt dans quelque affaire qui
vous mettra en état de payer toutes vos dettes.

Dans ce cas, si vous rencontrez un honnête homme qui se
trouve dans une détresse semblable à celle que vous
éprouvez en ce moment, vous me payerez en lui prêtant
cette somme, et vous lui enjoindrez d’acquitter sa dette
par une semblable opération, dès qu’il sera en état de
le faire et qu’il en trouvera une occasion du même genre.

J’espère que les 10 louis passeront de la sorte par
beaucoup de mains avant de tomber dans celles d’un
malhonnête homme qui veuille en arrêter la marche.
C’est un artifice que j’emploie pour faire beaucoup de
bien avec peu d’argent. Je ne suis pas assez riche pour
en consacrer beaucoup à de bonnes oeuvres, et je suis
obligé d’user d’adresse, afin de faire le plus possible
avec peu.

C’est en vous offrant tous mes voeux pour le succès de
vos affaires et pour votre prospérité future que j’ai
l’honneur d’être, mon cher monsieur, votre tout dévoué
serviteur.

FRANKLIN.

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